Gaptia, cultivatrice et future restauratrice

PROCESSUS DE FORMATION AGRICOLE MIS EN PLACE PAR LE PROGRAMME RESILAC : VILLAGE D'ADEBOUR, COMMUNE DE MAINE SOROA, DIFFA, NIGER

Témoignage © RESILAC

Je m’appelle Gaptia MAI WANDARA, bénéficiaire du projet RESILAC dans le village d’Adébour (commune de Mainé Soroa). Je suis une jeune femme âgée de 20 ans, mariée et mère de trois enfants dont deux garçons (âgés respectivement d'un et cinq ans) et une fille (âgée de 3 ans). 

Avant l’arrivée du Projet, pour subvenir à nos besoins,  l’unique activité sur laquelle nous comptions, mon mari et moi, c'était les travaux champêtres. Nous avions peu de moyens et n’arrivions même pas à couvrir les besoins alimentaires du foyer dont notre production agricole ne dépassait guère 3 mois de consommation après la récolte.

 

En plus de cela, à cause de l’insécurité dans la région de Diffa, les prix des articles de première nécessité ont flambé. Nous pouvions à peine manger deux fois par jour, sauf lors de journées cérémoniales spéciales. Mes enfants, en pleine croissance, avaient pourtant toujours besoin de nombreux aliments variés.

 

Pendant la période de soudure, c’était mon mari, seul, qui s’occupait du foyer en faisant de la main d’œuvre et la vente du charbon de bois.

Témoignage © RESILAC

" Pendant les cérémonies dans le village, je donnais ma contribution et désormais, je suis toujours fière d’être parmi ceux qui s’acquittent de leur contribution sociale. A la fin des activités HIMO, j’ai pu acheter deux moutons pour engraisser et vendre."

Avec l’arrivée du projet RESILAC, j'ai d'abord été sélectionnée en tant que bénéficiaire des travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO).

 

Sur les sites de récupération de terre, on travaillait cinq jours par semaine, soit vingt-cinq jours par mois, avec un revenu mensuel de 50 000 FCFA. Chaque bénéficiaire épargnait 20 000 FCFA dans un compte d’épargne au niveau de l’institution financière en charge d’effectuer les paiements des bénéficiaires. Avec les 30 000 FCFA que je percevais lors de chaque paiement, je contribuais à la gestion du foyer et j’achetais des vêtements pour mes enfants et pour moi-même. Pendant les cérémonies dans le village, je donnais ma contribution et je suis toujours fière d’être parmi ceux qui s’acquittent de leur contribution sociale. A la fin des activités HIMO, on a perçu la somme épargnée de 80 000 FCFA chacun, et avec cette somme, j’ai pu acheter deux moutons pour engraisser et vendre.

J’ai aussi été sélectionnée pour suivre la formation professionnelle destinée à 60% de bénéficiaires HIMO, mise en œuvre par le pilier 2.2 du projet RESILAC.  J’ai suivi la formation pour devenir restauratrice (hôtellerie). J'étais très motivée à cette idée, et j’ai utilisé une partie des fonds reçus des travaux HIMO, ainsi que de ceux reçus lors de cette dernière formation, pour commencer à produire et vendre des aliments directement consommables comme les gâteaux. 

Témoignage © RESILAC

"J’ai aussi bénéficié d’une parcelle de 200 m² où je pratique le maraîchage dans le site communautaire de notre village aménagé par le projet RESILAC. Sur ma parcelle, je cultive de la pomme de terre, tomate, moringa et laitue."

Grâce à cette activité de maraîchage que je pratique aujourd’hui, la consommation de ces produits maraîchers a amélioré la sécurité nutritionnelle de ma famille, en l’occurrence celle de mes enfants, surtout qu’auparavant, ne possédant pas de terres, je ne pratiquais pas le maraîchage. Maintenant, le maraîchage est devenue une passion pour moi et en tant que femme, avoir accès à la terre, c’est une fierté et une chance.

 

J’ai aussi bénéficié de la prise en charge psychosociale du projet RESILAC. Jusqu'alors, j’étais confrontée à des problèmes psychiques - par exemple, j’étais excessivement stressée, triste et je ne voulais pas assister aux cérémonies et autres rassemblements de masse. Dès la première activité de psychoéducation, à la 6ème séance de la prise en charge, j’ai ressenti un changement significatif sur mon humeur, ma santé mentale et mon interaction avec mon entourage.

 

 

Ceci m'a permis d’entreprendre mes activités sans hésiter, et d'être plus sûre de moi !